Royal Air Maroc vient d’essuyer un revers judiciaire en France. Le tribunal de proximité de Villeurbanne, rattaché au tribunal judiciaire de Lyon, a condamné la compagnie aérienne marocaine à indemniser un passager dont le vol reliant Lyon à Casablanca avait accusé un retard de plus de trois heures à l’arrivée.
L’affaire remonte à un vol immatriculé sous le numéro 3O342, sur une liaison longue de 1 747 kilomètres entre les deux villes. Le passager, excédé par ce contretemps, avait décidé de porter l’affaire devant la justice française plutôt que de se contenter d’une simple réclamation administrative — une option de plus en plus prisée par les voyageurs européens depuis l’entrée en vigueur du règlement communautaire sur les droits des passagers aériens.
Convoquée à l’audience du 5 mai 2026, Royal Air Maroc a pourtant bien reçu la citation, comme en atteste l’accusé de réception signé par ses services. Mais la compagnie a choisi de ne pas se présenter, et n’a mandaté aucun avocat pour assurer sa défense. Un silence qui n’a pas empêché le juge d’examiner le dossier sur le fond et de statuer en faveur du plaignant, écartant au passage toute contestation de la réalité du préjudice subi.
Sur la base du règlement européen n°261/2004, qui encadre strictement l’indemnisation des passagers en cas de retard ou d’annulation de vols au départ de l’Union européenne, le tribunal a fixé l’indemnisation à 400 euros, montant forfaitaire correspondant à la distance parcourue. Royal Air Maroc devra en outre s’acquitter de 450 euros supplémentaires au titre des frais de procédure, portant la facture totale à 850 euros.
Ce jugement, bien que modeste dans son montant, illustre une réalité à laquelle les compagnies aériennes opérant depuis l’Europe ne peuvent plus échapper : la réglementation européenne offre aux passagers un cadre juridique solide, et les tribunaux n’hésitent pas à statuer par défaut lorsque les transporteurs négligent de se défendre. Pour les voyageurs, l’épisode rappelle qu’un retard significatif ouvre droit, sous conditions, à une compensation financière, indépendamment de la nationalité du transporteur. Pour la compagnie marocaine, engagée depuis plusieurs années dans un vaste programme de modernisation de sa flotte et d’extension de son réseau, ce type de contentieux, même mineur, s’ajoute à une liste de dossiers juridiques qui accompagnent inévitablement la croissance de son trafic transcontinental.
