Prix du poulet au Maroc : une flambée record inquiète les professionnels

Le prix du poulet connaît une envolée inédite dans plusieurs villes du Maroc, et les premiers signaux du marché laissent penser que la tendance n’est pas près de s’inverser. À Tanger, le kilogramme de poulet vif se négocie désormais entre 26 et 27 dirhams chez les détaillants, un niveau que les professionnels du secteur qualifient de record.

Derrière cette hausse, une explication technique mais lourde de conséquences : le coût du poussin d’un jour. Les éleveurs l’achètent aujourd’hui entre 18 et 20 dirhams l’unité, contre des prix bien plus modérés il y a encore quelques mois. Ce surcoût se répercute mécaniquement sur l’ensemble de la chaîne : un poulet vif sort désormais des fermes à environ 20 dirhams le kilogramme, avant même d’intégrer les frais de transport et les marges de la distribution au détail.

Un vendeur de volailles à Tanger, interrogé sur les coulisses de cette flambée, décrit une situation déjà tendue pour les professionnels. Les ventes quotidiennes ont chuté à moins d’un quart de leur niveau habituel, alors que certains commerces continuent de payer des loyers mensuels dépassant 18.000 dirhams. Pour ne pas se séparer d’employés parfois présents depuis de longues années, des propriétaires de boutiques puisent désormais dans leurs économies personnelles afin de maintenir les salaires.

Ce vendeur appelle les autorités compétentes à intervenir en urgence, en particulier pour encadrer le prix des poussins et réguler les chaînes de production avicole. Selon lui, seule une telle intervention permettrait de préserver à la fois le pouvoir d’achat des consommateurs et la stabilité économique des professionnels du secteur.

Le secteur avicole marocain, pilier de l’alimentation quotidienne des ménages, traverse ainsi une période délicate où la hausse du coût des intrants vient fragiliser un équilibre déjà serré entre producteurs, distributeurs et consommateurs. Si aucune mesure n’est prise rapidement, les indicateurs de terrain évoqués par les professionnels suggèrent que les prix pourraient poursuivre leur ascension dans les prochains jours, avec un impact direct sur le budget des familles marocaines à l’approche des mois d’hiver, période où la consommation de volaille reste traditionnellement soutenue.

Cette situation illustre une nouvelle fois la sensibilité du marché avicole national aux variations du coût des intrants, dans un contexte où la stabilité des prix des produits de première nécessité demeure une préoccupation constante pour les pouvoirs publics comme pour les citoyens.

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