Niveau des barrages au Maroc : hausse des apports pour certains, recul inquiétant pour d’autres

Les eaux stockées dans les barrages marocains ont connu, au cours des dernières vingt-quatre heures, une évolution contrastée qui illustre bien la fragilité persistante de la ressource hydrique nationale. Alors que certains ouvrages ont bénéficié d’apports supplémentaires appréciables, d’autres ont vu leur réserve reculer, confirmant que la situation demeure hétérogène d’une région à l’autre du Royaume.

Le barrage Mohammed V, dans la région de l’Oriental, a enregistré la progression la plus notable. Les apports en eau y ont atteint environ 1,12 million de mètres cubes, portant le taux de remplissage de sa retenue à près de 26,8 %. Un chiffre qui reste modeste au regard des capacités de l’ouvrage, mais qui traduit un frémissement bienvenu après des mois de tension.

Autre bonne nouvelle du côté du barrage Al Massira, dans la province de Settat : ses apports ont progressé de quelque 740 000 mètres cubes, faisant grimper le taux de remplissage à 39,9 %. Ce réservoir, l’un des plus stratégiques du pays pour l’approvisionnement du grand Casablanca, reste toutefois loin de ses niveaux d’antan.

À l’inverse, le barrage Al Wahda, dans la province de Taounate, a vu ses réserves diminuer d’environ 4,3 millions de mètres cubes. Le taux de remplissage y demeure néanmoins confortable, à 83,7 %, ce qui en fait l’un des ouvrages les mieux approvisionnés du pays. Le barrage Bin El Ouidane, dans la province d’Azilal, a lui aussi cédé du terrain, avec un recul de près de 1,68 million de mètres cubes, pour un taux de remplissage stabilisé autour de 82 %.

Ces variations, en apparence techniques, renvoient à un enjeu bien plus vaste : celui de la gestion quotidienne d’une ressource devenue rare et disputée entre besoins agricoles, industriels et domestiques. Le Maroc, confronté depuis plusieurs années à une succession de saisons pluviométriques déficitaires, a multiplié les investissements dans le dessalement et la réutilisation des eaux usées pour desserrer la pression sur ses barrages. Mais les chiffres publiés ces dernières heures rappellent, une fois de plus, combien la carte hydrique du Royaume reste fragmentée, avec des bassins qui respirent quand d’autres s’assèchent.

Le suivi quotidien de ces indicateurs, devenu un réflexe pour les autorités comme pour les agriculteurs, continuera d’orienter les décisions relatives à l’irrigation et à la distribution d’eau potable dans les semaines à venir.

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