À Marrakech, une page de l’histoire culturelle franco-marocaine vient de s’écrire dans la pierre et la mémoire. Un nouvel espace muséal consacré à l’écrivaine et islamologue française Denise Masson a ouvert ses portes samedi soir, dans la demeure même où elle vécut près de soixante ans.
La cérémonie d’inauguration, placée sous l’égide de l’Institut français de Marrakech, a réuni le wali de la région Marrakech-Safi, ainsi que de nombreuses personnalités culturelles, chercheurs et artistes marocains et français. L’ambassadeur de France a salué un espace qui reflète la richesse des relations franco-marocaines sur des questions aussi fondamentales que le fait religieux, ainsi que le travail important mené par l’Institut français au Maroc.
De son côté, la directrice générale de l’Institut français du Maroc a décrit la demeure de Denise Masson comme un lieu de mémoire et un laboratoire d’idées, de recherche et de création, appelé à devenir un carrefour d’échange entre les générations.
L’espace accueillera tout au long de l’année des résidences d’artistes et de chercheurs, des conférences, des rencontres littéraires, des projections et des expositions temporaires consacrées à des thématiques contemporaines : diversité culturelle, spiritualité, mémoire, création et transmission du savoir. Deux expositions inaugurales y sont déjà présentées : l’une sur la diversité religieuse au Maroc, signée par un chercheur français en partenariat avec un centre de recherche reconnu, l’autre intitulée J’ai connu Dieu, œuvre d’un artiste marocain réalisée en collaboration avec un espace culturel parisien.
Née en 1901 et décédée en 1994, Denise Masson demeure une figure marquante du dialogue intellectuel entre la France et le Maroc. Islamologue reconnue, elle s’est notamment fait connaître pour sa traduction du Coran, publiée en 1967 et toujours considérée comme une référence dans le monde francophone. En 1984, elle fit don à l’État français du palais du XIXe siècle qu’elle habitait, avec son jardin traditionnel, souhaitant qu’il demeure un lieu de transmission et d’échange culturel. L’Institut français de Marrakech en assure depuis la gestion et l’entretien.
Au-delà de l’hommage rendu à une figure singulière, cette ouverture illustre la vitalité persistante des liens culturels unissant les deux rives de la Méditerranée, à l’heure où Marrakech confirme, édition après édition, sa vocation de carrefour artistique et intellectuel entre l’Afrique, le monde arabe et l’Europe.
