À Rabat, le compte à rebours s’accélère. Fatima Zahra Mansouri, chargée par le Roi de former le prochain gouvernement, a arrêté son choix : la coalition gouvernementale se construira autour des partis historiques du Bloc démocratique, et non avec le Mouvement populaire de Mohamed Ouzine.
Selon des sources proches des tractations, l’architecture de la future majorité se précise depuis plusieurs jours. Elle réunirait le Parti authenticité et modernité (PAM), l’Istiqlal, l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et le Parti du progrès et du socialisme (PPS). Cette configuration confirme un mouvement entamé la semaine dernière, lorsque l’USFP avait donné mandat à son secrétaire général, Driss Lachgar, pour négocier les conditions de son entrée au gouvernement.
Pour le Mouvement populaire, la nouvelle est rude. Longtemps considéré comme un partenaire incontournable des coalitions sortantes, le parti de Mohamed Ouzine se retrouve aujourd’hui en marge des discussions, sauf revirement de dernière minute que personne, à Rabat, n’anticipe sérieusement.
Les tractations, menées dans la discrétion, devraient aboutir très prochainement. D’après des sources informées, l’annonce officielle de la composition gouvernementale, ainsi que la présentation du programme qui sera soumis au Parlement, ne devrait plus tarder — une question d’heures, selon plusieurs interlocuteurs proches du dossier.
Cette recomposition illustre les équilibres délicats qui président à la formation de tout exécutif marocain : il s’agit à la fois de satisfaire les poids électoraux issus des dernières législatives, de ménager les sensibilités historiques entre partis, et de donner au gouvernement une cohérence suffisante pour conduire les réformes annoncées dans le discours royal d’ouverture de la session parlementaire.
Reste à savoir comment le Mouvement populaire, fort de son ancrage rural et de ses élus, réagira à cette mise à l’écart. Les prochaines heures diront si la porte lui est définitivement fermée, ou si des tractations de dernière minute peuvent encore rebattre les cartes avant l’annonce officielle.
