Rabat a servi de cadre, vendredi, à une rencontre qui pourrait redessiner les contours de la recherche agronomique marocaine. Lamia Ghouti, directrice de l’Institut National de la Recherche Agronomique (INRA), a reçu une délégation de la National Association of State Departments of Agriculture (NASDA), l’organisation qui fédère les départements de l’agriculture des cinquante États américains et de quatre territoires. L’objectif affiché : approfondir une coopération scientifique engagée depuis 2024 et explorer de nouvelles pistes de collaboration entre chercheurs marocains et américains.
Ashley Randall, commissaire aux ressources agricoles de l’État du Massachusetts et porte-parole de la délégation, a expliqué que cette visite visait avant tout à mieux comprendre les priorités de recherche de l’institut marocain. Changement climatique, résilience des systèmes agricoles, agriculture de conservation et santé des sols figurent parmi les thématiques partagées par les deux parties, tout comme l’amélioration génétique animale.
Du côté marocain, Lamia Ghouti a mis en avant deux axes prioritaires pour l’INRA : l’agriculture de conservation, d’une part, et l’édition génomique, qui doit permettre de développer plus rapidement de nouvelles variétés végétales adaptées aux conditions agro-climatiques du Royaume. L’amélioration génétique du cheptel bovin, fondée sur la valorisation des races locales, complète ce programme de recherche.
Cette coopération ne part pas de zéro. Elle s’appuie sur le soutien de l’Agence américaine pour le développement international (USAID) et du département américain de l’Agriculture (USDA), ainsi que sur des programmes d’échange reconnus comme les bourses Fulbright et le programme Borlaug. Vingt-cinq chercheurs de l’INRA en ont déjà bénéficié, dont six ont effectué des séjours de recherche dans des universités américaines au cours des deux dernières années.
Au-delà du symbole diplomatique, cette rencontre illustre une tendance de fond : la recherche agronomique marocaine s’internationalise, portée par des partenariats de long terme plutôt que par des accords ponctuels. Pour un pays confronté à la raréfaction de l’eau et à la volatilité climatique, l’accès aux outils de pointe que sont l’édition génomique et la sélection génétique assistée représente un enjeu de souveraineté alimentaire autant que de compétitivité économique. Les deux parties ont indiqué que ce rapprochement avec la NASDA devrait se traduire, dans les prochains mois, par des projets de recherche conjoints plus structurés.
