Le rendez-vous promettait une soirée de grande musique arabe. Il s’est transformé, pour une partie du public venu vendredi soir au Théâtre royal de Rabat, en motif de déception et de critiques acerbes sur les réseaux sociaux. Kadem Saher, le chanteur irakien surnommé « le César de la chanson arabe », s’est produit devant une salle qui attendait un répertoire fidèle à sa légende. Beaucoup n’ont pas retrouvé ce qu’ils espéraient.
Plusieurs spectateurs présents ce soir-là racontent une prestation en demi-teinte. Des titres emblématiques, ceux qui ont construit la réputation de l’artiste depuis des décennies, auraient été écartés de la setlist, au grand regret d’admirateurs venus spécialement pour les entendre. Sur les passages les plus exigeants vocalement, l’interprète aurait par ailleurs laissé le public reprendre les notes aiguës à sa place, un choix que certains ont jugé peu rigoureux pour un artiste de ce calibre.
La controverse ne s’arrête pas à la scène. Des détenteurs de billets, acquis entre 600 et 6 000 dirhams selon les catégories, affirment avoir appris au dernier moment que le concert ne se tiendrait pas à l’intérieur de la salle mais dans la cour extérieure du théâtre. Un changement de dispositif qu’ils jugent incompatible avec le tarif payé, certains évoquant une organisation improvisée et un manque de considération pour un public venu de plusieurs villes du Royaume.
Sur les réseaux sociaux marocains, les témoignages se sont multipliés au fil des heures qui ont suivi l’événement, entre déception sincère et ironie mordante. Le passage de Kadem Saher à Rabat, censé marquer un temps fort de la saison culturelle de la capitale, illustre une tension récurrente entre les attentes d’un public exigeant et les aléas de l’organisation de grands concerts internationaux au Maroc. Ni le Théâtre royal ni l’équipe de l’artiste n’ont pour l’instant réagi publiquement aux critiques formulées depuis vendredi soir.
