Détroit d’Ormuz : la pression diplomatique s’intensifie contre l’Iran

Le dossier iranien reprend de la vigueur sur la scène diplomatique mondiale. Paris a présenté un projet de résolution au Conseil de sécurité de l’ONU consacré à la sécurité du détroit d’Ormuz, ce passage maritime stratégique par lequel transite une part considérable du pétrole mondial, tandis que Londres a averti dimanche du « danger que représente le régime iranien » pour la stabilité régionale.

Cette initiative française survient alors que les tensions dans le Golfe restent vives, cent neuf jours après la suspension par Téhéran de son mémorandum de coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique. Ce gel, décidé dans la foulée du conflit qui a opposé l’Iran aux États-Unis plus tôt cette année, continue de peser sur les négociations internationales et alimente la méfiance des grandes puissances occidentales à l’égard des intentions nucléaires de la République islamique.

Sur le plan économique, la pression s’est révélée payante pour Washington. Le secrétaire au Trésor américain a confié au site Axios que les États-Unis avaient facilité le passage d’1,1 milliard de barils de pétrole par le détroit d’Ormuz au cours des derniers mois, précisant que, pour la première fois depuis que l’Iran exporte du brut, le pays ne disposera cette semaine d’aucun baril de pétrole en mer. Un constat présenté comme la preuve de l’efficacité des sanctions américaines visant à asphyxier les exportations pétrolières iraniennes.

Le texte français, dont la teneur précise n’a pas encore été rendue publique dans son intégralité, viserait à garantir la liberté de navigation dans ce corridor par lequel passe environ un cinquième du pétrole mondial. Plusieurs incidents maritimes survenus ces derniers mois dans la région ont ravivé les craintes d’une escalade capable de perturber durablement les approvisionnements énergétiques mondiaux.

De son côté, le gouvernement britannique a choisi un ton plus offensif, mettant en garde contre les risques que continue de représenter le pouvoir iranien pour la sécurité régionale. Cette convergence entre Paris, Londres et Washington illustre la volonté des capitales occidentales de maintenir une pression coordonnée sur Téhéran, au moment où le dossier nucléaire et la stabilité du Golfe demeurent étroitement liés sur l’agenda diplomatique international.

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