La guerre au Yémen connaît une nouvelle phase critique ce mercredi, alors que les forces progouvernementales intensifient leurs opérations pour desserrer l’étau imposé par les rebelles houthistes autour de la ville stratégique de Taëz. Baptisée « Aube du Yémen », l’offensive vise à rouvrir les axes routiers coupés depuis des mois et à soulager une population civile exsangue.
Sur le terrain, les combats se sont multipliés ces dernières heures sur plusieurs fronts simultanément, signe d’une escalade qui inquiète les organisations humanitaires. Le Comité international de la Croix-Rouge a mis en garde contre un afflux « sans précédent » de blessés dans les structures médicales proches des lignes de front, déjà débordées par des mois de conflit ininterrompu.
La situation humanitaire s’est encore dégradée avec l’annonce du Programme alimentaire mondial : l’aide alimentaire reste suspendue pour environ 800 000 personnes dans la région de Taëz, un chiffre qui illustre l’ampleur de la crise dans une ville assiégée depuis près d’une décennie. Des craintes de choléra sont par ailleurs apparues dans les camps de déplacés d’Abyan, où de nouvelles vagues d’arrivants viennent s’ajouter à une situation sanitaire déjà précaire.
Côté coalition, les forces soutenant le gouvernement reconnu ont par ailleurs averti qu’elles comptaient cibler les sources logistiques jugées essentielles à l’effort de guerre des Houthis, notamment les capacités de ravitaillement en carburant. Cette menace s’inscrit dans une stratégie plus large visant à asphyxier financièrement et militairement le mouvement rebelle, soutenu selon Riyad et ses alliés par Téhéran.
Le conflit yéménite, entré dans sa douzième année, continue ainsi d’alterner phases de négociations indirectes et reprises brutales des hostilités, sans qu’aucune issue politique durable ne se dessine clairement à l’horizon. Pour les millions de civils pris en étau, chaque nouvelle offensive militaire se traduit avant tout par une aggravation des conditions de vie déjà dramatiques, entre pénuries alimentaires, effondrement du système de santé et déplacements forcés répétés.
La communauté internationale, de son côté, peine à imposer une trêve durable, les efforts de médiation régionale restant jusqu’ici sans effet tangible sur la trajectoire du conflit.
