Rabat : l’exposition de Marco Guerra sonde la mémoire de l’eau marocaine

Dans une salle tamisée du centre de Rabat, une série de clichés en noir et blanc retrace le parcours de l’eau, des sommets de l’Atlas jusqu’aux vagues de l’Atlantique. Ce jeudi, la capitale a accueilli l’ouverture de « La distance entre » (The Distance Between), l’exposition du photographe et artiste pluridisciplinaire américano-chilien Marco Guerra, organisée par l’atelier d’art et de culture Qantara et visible jusqu’au 3 novembre.

Cette exposition interactive met en lumière la série « Volumes et lignes », un corpus d’images saisies au Rolleiflex, appareil argentique à double objectif devenu rare, qui concentre sept années de recherche sur l’architecture des bassins et châteaux d’irrigation d’Afrique du Nord. Chaque tirage, en grand format, invite le visiteur à s’arrêter sur la texture brute du béton avant de la confronter au mouvement de l’eau qu’il contient.

L’artiste explique que cette série est née d’une fascination pour l’eau et les structures qui la retiennent. Né au Chili, partagé entre New York et Marrakech, il mêle dans sa pratique photographie, installation sonore, sculpture et cinéma, et se réclame volontiers de la poésie de Pablo Neruda. Sept années de travail photographique se sont ainsi muées, selon lui, en une véritable méditation sur le trajet de l’eau, de l’Atlas à l’océan, pensée pour toucher un public universel, sans barrière de langue, de culture ou de genre.

Zineb El Idrissi, fondatrice de l’atelier Qantara, précise que le parcours associe l’image à une création sonore baptisée « Mémoires de l’eau », conçue comme une invitation à ralentir, à écouter, et à traverser l’espace immatériel qui sépare l’œuvre, la nature brute et nous-mêmes.

La série « Volumes et lignes » n’est pas inédite : elle a déjà été présentée dans des lieux prestigieux, de la galerie Dar El Bacha au palais El Badii, lors des Rencontres de la photographie de Marrakech, jusqu’à la fondation TGCC/Artorium à Casablanca. Son arrivée à Rabat confirme la place grandissante de la capitale dans le paysage de l’art contemporain et de la photographie au Maroc, à l’heure où plusieurs initiatives culturelles cherchent à faire dialoguer patrimoine, environnement et création artistique.

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