Élections au Maroc : le RNI recule mais la coalition garde la majorité

Au lendemain du scrutin législatif du 23 septembre, le Maroc digère des résultats plus nuancés qu’il n’y paraît. Beaucoup annonçaient un vote sanction contre l’équipe gouvernementale sortante. La réalité des urnes raconte une autre histoire.

Le Rassemblement National des Indépendants (RNI), parti du chef du gouvernement Aziz Akhannouch, cède effectivement la première place qu’il occupait depuis 2021. Mais céder la tête du classement n’équivaut pas à un désaveu populaire, insistent plusieurs analystes consultés ces dernières heures. La coalition gouvernementale, dans son ensemble, conserve une majorité solide à la Chambre des représentants, avec une simple redistribution des rapports de force entre ses composantes.

Plusieurs facteurs expliquent ce recul relatif du RNI. D’abord, des redécoupages internes : des cadres du parti ont rejoint d’autres formations avant le scrutin, emportant avec eux une partie de leur électorat local. Ensuite, une forme d’épuration symbolique a visé certaines figures identifiées à la gestion gouvernementale des derniers mois, notamment sur les dossiers du pouvoir d’achat et de l’emploi.

Pour autant, le bilan n’est pas uniformément négatif pour le parti de la colombe. Plusieurs ministres en exercice issus du RNI ont été réélus avec des scores solides dans leurs circonscriptions respectives. Lahcen Saadi l’a emporté à Taroudant, tandis que Mustapha Baïtas a conservé son siège à Sidi Ifni. Ces victoires locales nuancent sérieusement la thèse d’un rejet massif de l’électorat.

Ce résultat s’inscrit dans une séquence politique dense pour le Maroc, entre recomposition du paysage partisan, positionnement de certaines formations dans l’opposition et poursuite des grands chantiers économiques du royaume. La lecture binaire « victoire/défaite » peine à rendre compte de la complexité d’un scrutin où plusieurs équilibres se sont simultanément redessinés.

Reste à voir comment cette nouvelle configuration parlementaire influencera la formation du prochain gouvernement et la répartition des portefeuilles ministériels dans les semaines à venir. Les états-majors des partis concernés multiplient déjà les concertations, loin des projecteurs médiatiques, pour négocier les contours de la future majorité.

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