Diphtérie écartée à Casablanca : fausse alerte à l’hôpital Al Hassani

Casablanca a vécu, dans la nuit de jeudi à vendredi, quelques heures de tension sanitaire. Une élève transférée en urgence à l’hôpital Al Hassani, officiellement suspectée d’avoir contracté la diphtérie, a finalement été déclarée négative au terme des analyses de laboratoire menées ce vendredi matin. Le mot « diphtérie » suffisait, à lui seul, à remettre sur le devant de la scène une maladie que l’on croyait largement oubliée au Maroc.

Dès son arrivée, la jeune patiente a été isolée du reste des malades au service des urgences. Le personnel médical a immédiatement activé les protocoles réservés aux maladies à transmission respiratoire : fermeture de l’entrée principale des urgences, réorientation des patients vers une entrée secondaire, et surveillance renforcée du personnel en contact avec l’adolescente. Ces mesures, spectaculaires pour les familles présentes sur place, relèvent d’un principe de précaution classique en milieu hospitalier face à toute suspicion de maladie contagieuse.

Cette frayeur casablancaise survient à peine 48 heures après un événement autrement plus dramatique. Une fillette de 12 ans est décédée dans la commune de Sidi Chiker, relevant de la province de Youssoufia, après avoir contracté la diphtérie. L’enfant avait présenté une forte fièvre et des difficultés respiratoires avant d’être transférée à Marrakech, où elle a succombé aux complications de la maladie. Les autorités sanitaires ont depuis confirmé qu’elle n’avait jamais été vaccinée durant son enfance, un détail qui relance le débat sur la couverture vaccinale dans certaines zones rurales du royaume.

La diphtérie, provoquée par la bactérie Corynebacterium diphtheriae, reste exceptionnellement rare au Maroc grâce à une politique de vaccination infantile ancienne et globalement efficace. Mais le cas de Youssoufia rappelle que les poches de sous-vaccination, souvent liées à l’éloignement géographique ou à de simples réticences familiales, peuvent rouvrir la porte à des maladies que l’on pensait maîtrisées depuis longtemps. Les pédiatres marocains insistent, depuis cet épisode, sur l’importance du rappel vaccinal chez les enfants comme chez les adolescents.

Pour l’heure, l’hôpital Al Hassani de Casablanca a repris un fonctionnement normal. Les autorités sanitaires locales ont tenu à rassurer la population : aucun autre cas suspect n’a été signalé dans la métropole économique du pays depuis l’épisode de jeudi soir. Mais l’alerte, même levée, aura eu le mérite de rappeler à quel point la vigilance épidémiologique demeure une nécessité permanente, loin des grands titres et des crises internationales qui occupent habituellement l’actualité.

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