La nuit a été longue, mercredi, pour plusieurs proches et collaborateurs du président congolais Félix Tshisekedi, visés par une enquête belge pour corruption et blanchiment d’argent. Des policiers ont investi leurs domiciles à Bruxelles et dans sa périphérie, dans le cadre de cette enquête liée aux revenus miniers de la République démocratique du Congo.
L’opération fait suite à une plainte déposée en 2025 par plusieurs organisations non gouvernementales originaires de la province minière du Katanga. Deux avocats, l’un belge, l’autre congolais établi en France, ont confirmé que les perquisitions visaient un cercle élargi autour du chef de l’État, et non ses seuls parents directs.
Selon l’un des avocats, la plainte dénonce l’accaparement de ressources par des citoyens belges et le blanchiment de fonds détournés sur des redevances minières destinées aux communautés locales, un système qui aurait permis à ses bénéficiaires de mener un train de vie très supérieur à leurs revenus déclarés. Neuf personnes proches de la famille présidentielle, toutes de nationalité belge, feraient l’objet de cette enquête pour pillage présumé de gisements dans les provinces du Haut-Katanga et du Lualaba.
Une porte-parole du parquet fédéral belge a confirmé la tenue de perquisitions à plusieurs adresses bruxelloises, sans toutefois préciser si les personnes visées appartenaient effectivement à l’entourage de Félix Tshisekedi. Le chef de l’État congolais a passé une partie de sa jeunesse en Belgique, où son père, Étienne Tshisekedi, avait obtenu l’asile politique ; son épouse et lui y loueraient toujours un bien immobilier, et leurs cinq enfants y seraient scolarisés.
Cette affaire judiciaire tombe à un moment particulièrement délicat pour le président congolais, confronté dans l’est du pays à une rébellion armée désormais menée par son prédécesseur Joseph Kabila, à une épidémie meurtrière d’Ebola, et à une opposition qui l’accuse de préparer un troisième mandat. Riche en cuivre, en cobalt et en minerais stratégiques, la RD Congo peine depuis des années à attirer des investissements miniers sereins, le secteur restant durablement associé à des soupçons de corruption, dans un contexte de compétition mondiale croissante pour ces ressources stratégiques.
