À Ceuta, l’échéance approche à grands pas pour Warda Boujemaa. Cette mère de famille, qui a la charge de neuf personnes, verra expirer le 14 octobre le délai que lui avait accordé la justice pour quitter son logement. Faute d’alternative, elle risque de se retrouver à la rue avec les siens, dans une ville où la pénurie de logements locatifs vire au casse-tête quotidien pour les familles nombreuses.
Le foyer de Warda Boujemaa compte cinq enfants mineurs, dont l’un souffre de troubles autistiques, ainsi que sa propre mère et deux de ses frères et sœurs. En juin dernier, un sursis de trois mois lui avait été accordé par la justice, le temps, espérait-elle, de trouver un toit. Quatre mois plus tard, la quête reste vaine : les propriétaires rechignent à louer à une famille aussi nombreuse, et certains se montrent réticents dès qu’ils apprennent l’état de santé de sa fille.
« Je ne demande pas qu’on paie mon loyer à ma place, je touche déjà une aide sociale pour cela », explique-t-elle, précisant que le problème n’est pas financier mais structurel : il n’existe tout simplement plus d’appartements disponibles à la location correspondant à ses besoins. Elle réclame aujourd’hui un logement qu’elle pourrait financer elle-même, avec le soutien des services sociaux, mais dont l’attribution continue de lui échapper.
Dans son témoignage, Warda Boujemaa pointe un contraste qui la révolte : la mise à disposition de tentes et de lits pour les migrants arrivant à Ceuta, alors que sa famille, résidente de longue date, se retrouve sans la moindre solution de relogement. Un sentiment d’abandon partagé, selon elle, par d’autres familles de la ville confrontées à la même pénurie immobilière.
À quelques jours de l’échéance fixée par la justice, aucune solution concrète n’a encore été annoncée par les autorités locales. L’affaire illustre, une fois de plus, les tensions sociales qui traversent l’enclave, où la question du logement s’ajoute à une liste déjà longue de difficultés pour les familles les plus vulnérables.
