Agadir : arrestation aux urgences du CHU Mohammed VI pour accès illégal

À Agadir, la scène a suffi à mettre en alerte tout un service hospitalier. Dans la nuit de mercredi dernier, le chef du service des urgences du Centre hospitalier universitaire Mohammed VI a repéré, au milieu du personnel soignant, une présence qui n’avait rien à y faire. La femme, détentrice d’un diplôme délivré par un établissement d’enseignement supérieur privé, ne figurait sur aucune liste officielle de stagiaires autorisés à exercer dans cette unité sensible.

Prévenue par le responsable du service, la police est intervenue rapidement. L’intéressée a été interpellée sur place, avant qu’une enquête ne soit ouverte pour déterminer les circonstances exactes de son entrée dans les locaux et la fréquence de ses passages antérieurs. Les autorités n’ont pour l’instant communiqué ni sur son identité, ni sur la suite judiciaire réservée à l’affaire.

L’épisode a rapidement dépassé les murs de l’hôpital. Le Bureau des étudiants en médecine et pharmacie d’Agadir a publié un communiqué saluant la réactivité de la direction hospitalière et du chef du service des urgences, tout en rappelant le cadre censé encadrer les stages hospitaliers. Les représentants étudiants évoquent des engagements pris en 2019, obligeant les établissements privés à assurer eux-mêmes les terrains de stage de leurs étudiants, ainsi qu’un mémorandum de règlement signé en 2024 sous l’égide de l’institution du Médiateur du Royaume, qui donne une priorité absolue aux étudiants des facultés publiques pour l’accès aux structures de formation du secteur public.

Pour le Bureau, cette affaire n’est pas un simple incident isolé : elle repose la question, plus large, du contrôle d’accès aux services hospitaliers, dans un contexte de surcharge chronique des hôpitaux publics marocains, qui complique la supervision réelle des stagiaires et des intervenants extérieurs. Les étudiants réclament une mise à jour régulière des listes officielles de stagiaires, la généralisation de cartes d’identification propres aux stages, et appellent leurs collègues à signaler tout cas similaire.

Ni la direction du CHU Mohammed VI, ni le ministère de la Santé, ni l’établissement privé concerné n’ont pour l’heure réagi publiquement. L’affaire illustre, une fois de plus, la difficulté à concilier l’ouverture nécessaire des hôpitaux universitaires à la formation pratique et la sécurité d’un service aussi sensible que celui des urgences, où patients et personnel doivent pouvoir distinguer, à tout moment, qui a réellement sa place.

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