Le Maroc revendique un modèle industriel résolument tourné vers l’Afrique, conçu pour tirer parti des richesses minières du continent sans reproduire les travers de l’exportation de matières premières brutes. C’est le message porté ce mardi à Rabat par Leila Benali, ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, à l’ouverture de la troisième Conférence internationale des mines.
Devant un parterre de professionnels du secteur minier et d’opérateurs économiques venus de plusieurs pays africains, la ministre a affirmé que le royaume a choisi de développer un modèle industriel ouvert, intégré et profondément enraciné en Afrique, connecté aux chaînes de valeur mondiales. Une formule qui résume l’ambition marocaine : transformer localement les ressources minérales plutôt que de les exporter à l’état brut, et bâtir une industrie compétitive capable de s’insérer dans les circuits internationaux.
Leila Benali a insisté sur plusieurs leviers jugés indispensables pour atteindre cet objectif. L’exploitation responsable des gisements arrive en tête de liste, dans un contexte où les standards environnementaux et sociaux pèsent de plus en plus dans les décisions d’investissement. Vient ensuite le renforcement de la traçabilité des minerais, un enjeu devenu central pour rassurer les marchés et les partenaires internationaux sur l’origine et les conditions d’extraction des matières premières. La ministre a également évoqué la nécessité d’élargir l’accès à des financements durables, condition indispensable pour moderniser les infrastructures minières et accompagner la transition vers des pratiques plus vertueuses.
D’autres intervenants, responsables de fédérations minières et chefs d’entreprise, ont abondé dans le même sens. Pour eux, la richesse minérale du continent africain reste largement sous-exploitée tant que les pays producteurs se contentent d’exporter des matières premières sans transformation. Ils ont plaidé pour une industrialisation plus poussée, le développement de capacités de raffinage locales, et une intégration plus forte dans des chaînes d’approvisionnement mondiales devenues hautement concurrentielles.
Cette troisième édition de la Conférence internationale des mines confirme la volonté du Maroc de se positionner comme un hub régional pour l’industrie minière, à la croisée des investissements africains et des exigences des marchés internationaux. Un pari qui, s’il se concrétise, pourrait redessiner les équilibres économiques régionaux dans les années à venir.
