Six jours après l’échec des pourparlers de New York, la crise iranienne franchit un nouveau seuil. Le département du Trésor américain a annoncé jeudi un train de sanctions supplémentaires visant Téhéran, tandis que le président Donald Trump a laissé entendre, dans une sortie à peine voilée, qu’une reprise des frappes contre l’Iran restait « tout à fait possible ».
La délégation iranienne a quitté New York sans qu’aucune percée n’ait été obtenue, en dépit d’une nouvelle proposition présentée par Téhéran lors des discussions. Les négociateurs américains, selon plusieurs sources proches du dossier, ont jugé l’offre insuffisante pour répondre aux exigences de Washington sur le programme nucléaire et balistique iranien.
Cet épisode survient alors que le conflit entre les deux pays entre dans son 216e jour, cent sept jours après la signature d’un mémorandum d’entente qui devait, en théorie, désamorcer les tensions. Dans les faits, le cessez-le-feu tacite n’a jamais permis d’ouvrir une véritable désescalade, et chaque round de pourparlers semble reproduire le même scénario: propositions, blocages, puis durcissement.
Sur le plan maritime, la situation inquiète tout autant les chancelleries. Des données de trafic maritime font état d’un arrêt quasi total du passage des navires par le détroit d’Ormuz jeudi, un goulet stratégique par lequel transite une part considérable du pétrole mondial. Un tel coup d’arrêt, même temporaire, suffit à faire grimper les primes d’assurance et à raviver les craintes d’une flambée des cours de l’énergie.
Les nouvelles sanctions du Trésor américain ciblent, selon les premiers éléments disponibles, des réseaux financiers liés au contournement des précédentes mesures restrictives. Pour l’administration Trump, il s’agit de maintenir la pression économique maximale sur Téhéran tout en laissant la porte ouverte, au moins sur le plan rhétorique, à une option militaire.
Reste que la communauté internationale observe avec une inquiétude croissante cette alternance de signaux contradictoires: sanctions d’un côté, menaces de frappes de l’autre, pourparlers maintenus en façade. Pour l’heure, aucune des deux capitales ne semble prête à céder du terrain, et le détroit d’Ormuz demeure, plus que jamais, le baromètre silencieux d’une crise qui refuse de s’éteindre.
