Attaque houthie contre une centrale électrique à Médine : vive condamnation internationale

Une frappe de drone attribuée aux rebelles houthis a visé, dans la nuit de mercredi à jeudi, la station de distribution électrique de Taïba, qui alimente en partie la ville sainte de Médine, en Arabie saoudite. Un transformateur a été mis hors service, mais le réseau électrique global de la ville n’a pas été affecté, a assuré le porte-parole des forces de la coalition arabe.

Ce porte-parole a qualifié l’attaque d’« acte terroriste » et réaffirmé la détermination de la coalition à dissuader les milices houthies de s’en prendre aux lieux saints de l’islam. La frappe survient quelques semaines après l’interception d’un autre drone qui visait, selon les autorités saoudiennes, la ville de La Mecque elle-même.

La riposte diplomatique n’a pas tardé. Le Qatar, la Jordanie, le Koweït, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Égypte ont condamné, chacun dans un communiqué séparé, ce qu’ils décrivent comme une atteinte grave à la souveraineté saoudienne et une provocation envers les sentiments religieux de millions de musulmans à travers le monde. Le gouvernement yéménite reconnu internationalement a lui aussi dénoncé l’attaque, tout comme l’Organisation de la coopération islamique, qui a appelé à une réponse collective face à ce qu’elle juge être une escalade dangereuse.

Des propos tenus récemment par un responsable proche des houthis, évoquant ouvertement la possibilité de cibler les lieux saints, ont alimenté l’indignation et renforcé le sentiment, dans plusieurs capitales arabes, que le mouvement yéménite franchit une ligne rouge symbolique. Pour Riyad, cet épisode confirme la nécessité de maintenir une posture défensive renforcée autour des infrastructures sensibles de la région du Hedjaz.

Sur le terrain, des correspondants font également état d’explosions entendues dans la capitale yéménite Sanaa, dans un contexte de recrudescence des frappes et contre-frappes entre les forces progouvernementales et les positions houthies. Cette séquence intervient alors que les efforts de médiation régionale peinent à aboutir, et que plusieurs capitales occidentales observent avec inquiétude la multiplication des incidents en mer Rouge et autour du détroit de Bab-el-Mandeb.

Au-delà de l’incident technique, limité à un transformateur électrique, c’est bien la dimension symbolique de la cible, une infrastructure desservant l’une des deux villes les plus sacrées de l’islam, qui explique l’ampleur de la mobilisation diplomatique observée ces dernières heures.

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