Intelligence artificielle : Geoffrey Hinton alerte sur une vague de chômage de masse

L’intelligence artificielle ne se contente plus de réinventer les métiers : elle pourrait bientôt en faire disparaître des pans entiers, selon l’un des scientifiques qui ont contribué à la façonner. Geoffrey Hinton, surnommé le « parrain de l’intelligence artificielle » pour ses travaux pionniers sur les réseaux de neurones, vient de tirer une nouvelle sonnette d’alarme sur les conséquences sociales de la technologie qu’il a contribué à créer.

Selon les propos rapportés du chercheur, les prédictions les plus sombres formulées par plusieurs grands noms de la tech au sujet d’une transformation radicale du marché du travail contiennent, à ses yeux, une part de vérité difficile à ignorer. Pour Hinton, des pertes d’emplois massives semblent désormais inévitables, à mesure que les entreprises substituent des systèmes automatisés toujours plus performants aux tâches auparavant réservées aux humains.

Les dirigeants du secteur technologique ne partagent pourtant pas tous la même lecture de l’avenir. Jensen Huang, patron de Nvidia, défend une vision plus mesurée : l’intelligence artificielle redessinerait la plupart des métiers sans forcément les supprimer, ouvrant même la voie à des semaines de travail réduites. À l’inverse, Elon Musk et Bill Gates évoquent des scénarios nettement plus radicaux, avec une contraction spectaculaire de la main-d’œuvre humaine dans les décennies à venir.

Ce qui inquiète particulièrement Hinton, c’est l’incertitude qui plane sur les dix à vingt prochaines années : nul ne sait aujourd’hui si le rythme des destructions d’emplois dépassera la capacité des économies à en créer de nouveaux. Un déséquilibre qui, selon lui, pourrait frapper de plein fouet les systèmes de protection sociale déjà fragilisés dans plusieurs pays.

Cette mise en garde relance un débat déjà vif chez les responsables politiques : comment préparer les administrations, les systèmes éducatifs et les dispositifs de reconversion professionnelle à une bascule aussi rapide ? Les appels à un encadrement plus strict de l’usage de l’intelligence artificielle en entreprise se multiplient, sans qu’aucun consensus international ne se dessine encore clairement.

Le phénomène ne se limitera pas aux économies avancées. Les pays dont la compétitivité repose sur une main-d’œuvre abondante et bon marché pourraient être particulièrement exposés si les entreprises choisissent d’automatiser davantage de postes plutôt que de délocaliser leur production. Une perspective qui relance, à l’échelle mondiale, la question du futur du travail et de la répartition des richesses générées par l’intelligence artificielle.

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