Yémen : des missiles houthis visent l’aéroport d’Aden, la coalition frappe à Saada

L’escalade militaire au Yémen a connu un nouvel épisode vendredi, lorsque deux missiles tirés par les rebelles houthis sont tombés à proximité de la piste de l’aéroport international d’Aden, à quelques centaines de mètres d’un avion de ligne qui s’apprêtait à décoller. Selon le ministre yéménite de l’Information, Moammar al-Eryani, aucune victime n’a été recensée parmi les passagers ni l’équipage, mais l’attaque constitue, selon lui, une violation grave du droit international.

Cet assaut survient à peine 24 heures après une frappe houthie meurtrière contre le palais présidentiel d’Aden, siège du gouvernement yéménite reconnu internationalement. Dans un communiqué attribué à une source militaire, les Houthis ont affirmé avoir visé le quartier général des forces saoudiennes dans le camp de Badr, en périphérie d’Aden, ainsi qu’un dépôt d’armement.

Quelques heures plus tard, le porte-parole de la coalition arabe dirigée par Riyad a annoncé la destruction de deux rampes de lancement de missiles balistiques utilisées par les rebelles dans la province de Saada, bastion houthi du nord du Yémen. La défense civile saoudienne a par ailleurs mis en garde la population contre toute diffusion d’images ou d’informations relatives aux opérations d’interception de missiles et de drones, invoquant des impératifs de sécurité opérationnelle.

Sur le terrain, les affrontements se multiplient. Les forces gouvernementales affirment avoir progressé dans la province de Marib, où le porte-parole militaire Majed al-Nazili revendique la neutralisation de plus de 430 combattants houthis en vingt-quatre heures, ainsi que la destruction ou la mise hors service de plus d’une centaine de véhicules. Dans la ville de Taëz, encerclée depuis plusieurs semaines par des rebelles qui en ont coupé l’accès routier vers Aden, l’armée affirme avoir repoussé plusieurs attaques de grande ampleur et capturé une équipe de drones affiliée aux Houthis.

La coalition dirigée par l’Arabie saoudite dit également avoir intercepté des missiles et des drones au-dessus de Riyad et d’autres régions du royaume. Riyad accuse de longue date l’Iran de soutenir militairement les Houthis, une accusation que Téhéran a de nouveau rejetée tout en se proposant comme médiateur entre les rebelles et l’Arabie saoudite. Cette guerre, qui a débuté en 2014 après la prise de Sanaa par les Houthis, avait connu une relative accalmie après une trêve parrainée par l’ONU en 2022, avant que les rebelles ne décrètent cet été un blocus naval visant les ports saoudiens et le détroit de Bab al-Mandeb.

L’épisode de vendredi illustre la fragilité persistante de la situation sécuritaire dans la région, où chaque semaine apporte son lot de frappes, de ripostes et de déclarations contradictoires, sans qu’aucune issue négociée ne semble se dessiner à court terme.

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