Réparations de guerre : la Grèce remet la pression sur l’Allemagne

Athènes n’a pas désarmé. Lors d’une cérémonie commémorative chargée d’émotion, le président grec Konstantinos Tasoulas a de nouveau exigé que l’Allemagne verse des réparations de guerre pour les crimes commis par les troupes d’occupation nazies durant la Seconde Guerre mondiale. Une revendication de réparations de guerre vieille de plusieurs décennies, mais qui refuse de s’éteindre.

La cérémonie marquait le souvenir du massacre de Lingiades, un village du nord-ouest de la Grèce où 88 civils avaient été exécutés par les forces allemandes en 1943. Plus de 40 des victimes étaient des enfants et des adolescents, dont certains n’avaient pas dix-sept ans. « Nos revendications sont légitimes et elles ne se sont jamais prescrites », a martelé le chef de l’État grec devant les familles des victimes et les autorités locales.

Le chiffrage avancé par Athènes reste colossal : entre 278 et 341 milliards d’euros, une somme censée couvrir à la fois les destructions matérielles et le remboursement forcé d’un prêt que l’occupant avait imposé à la Banque de Grèce pendant la guerre. Berlin, de son côté, campe sur une position inchangée depuis des décennies : la question est, selon le gouvernement allemand, définitivement close sur le plan juridique, les traités d’après-guerre ayant réglé le dossier des dédommagements.

Un versement symbolique avait pourtant eu lieu en 1961, lorsque la République fédérale d’Allemagne avait remis 115 millions de marks à la Grèce au titre de compensations. Mais, pour la grande majorité des familles de victimes de massacres comme celui de Lingiades, aucune indemnisation individuelle n’a jamais suivi.

Le dossier ressurgit régulièrement dans le débat public grec, porté tour à tour par des gouvernements de tous bords, sans qu’aucune avancée concrète n’ait jamais été obtenue face à Berlin. Cette nouvelle prise de parole présidentielle survient dans un contexte européen où les questions de mémoire historique et de responsabilité continuent de peser sur les relations bilatérales, plus de huit décennies après la fin du conflit.

Pour l’instant, rien n’indique que l’Allemagne soit disposée à rouvrir un dossier qu’elle considère clos. Mais du côté grec, les familles des victimes, elles, continuent d’attendre une reconnaissance qui, pour beaucoup, tarde depuis trois générations.

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